Je n’aime pas jouer avec mon enfant !

"Je n’aime pas jouer avec mon enfant ..."

Le sujet est assez embarrassant, les parents préfèrent en parler en petits groupes, entre eux ou sur des forums Internet.

Pourquoi ? Parce que cette attitude n'est pas universellement acceptée. Si vous avez déjà un enfant et que vous l'aimez, vous devriez tout faire pour lui. Si vous dites en public que, à l'idée de jouer avec votre progéniture, vous avez envie de vous cogner la tête contre le mur, vous vous suicidez socialement. Vous arrêtez d'être une "bonne" mère ou un "bon" père, vous devenez un dégénéré.

Portant ce n'est pas une description de la pathologie extrême, ni d’un dernier film d’horreur. Il s'avère que le problème de jouer avec un enfant accompagne un grand nombre des parents. Bien que leurs attitudes varient considérablement, il existe souvent dans les déclarations des parents un dénominateur commun : fatigue et manque de compréhension de la part de l’entourage. Ils demandent s'ils ont droit à de tels sentiments, si c'est normal.

Etoiledhiver, utilisatrice du forum aufeminin.com

"Je ne sais pas jouer avec mon fils . Oui.....je n'ai pas d'idée, de patience, de persévérance… Il a 18 mois. Je ne sais pas jouer avec lui, l'éveiller.
Je suis mère au foyer et j'ai en plus énormément de travail à la maison, bref, j'ai l'impression de ne pas avoir assez de temps à consacrer à mon bébé, malgré le fait que je ne travaille pas. Je culpabilise et me sens nulle."


Pourquoi les parents ne veulent pas jouer avec leurs enfants ?

Il y a de nombreuses causes. Bien que, dans les conversations sur Internet, les parents confessent qu’ils ne voient pas une raison claire du manque de motivation pour jouer avec un petit, qu’ils n’ont tout simplement pas envie, voire jouer avec l’enfant les irrite, les spécialistes estiment que la raison est cachée plus profondément.

Loulou08_1, utilisatrice du forum parents.fr

"(...) je culpabilise beaucoup de ne presque pas jouer avec mes enfants. Je n'aime pas çà en fait. Par contre, je suis disponible pour discuter, lire des histoires, mais jouer j'ai du mal."


Anne-Marie Gonzalez, psychologue pour enfants

"Peu spontanéité, une faible créativité, une réticence à «batifoler» et à donner du pouvoir à l'enfant peuvent être des facteurs typiques empêchant les parents de jouer avec l'enfant. Souvent, les adultes ne peuvent tout simplement pas jouer spontanément avec un enfant, ils ne peuvent pas se retrouver dans un monde où il n’existe pas de règles et normes préétablies. Les enfants imposent certains rôles aux parents ou même des dialogues, qui peuvent être difficiles à accepter car, dans la vie réelle, les parents sont plus souvent des "directeurs" et exigent des comportements appropriés de la part des enfants. Parfois les adultes n'aiment pas être forcés à rester dans un monde enfantin et fantaisiste. Ils n'aiment pas la répétition de jeux, ils s'ennuient.


Le jeu à quoi ça sert ?

Les parents contemporains pensent souvent que les jeux spontanés sont une perte de temps, car ils n’enseignent rien, et un enfant doit constamment développer son potentiel et élargir ses connaissances.

Cela peut se dérouler sous une forme agréable, ce qui se traduit par un large éventail d'activités supplémentaires pour les enfants, présentées comme un apprentissage par le jeu, motif qui - comme le prétendent de nombreux adultes - n'était pas improductif. C'est une approche erronée du thème du jeu, car c'est l'activité principale d'un petit enfant. On ne peut pas l'éliminer, ce serait injuste.

Une autre raison fréquemment invoquée par les parents: après plusieurs heures de travail, les parents sont tout simplement fatigués. La perspective des tâches ménagères qui les attendent ne leur facilite pas non plus la vie. Comment profiter du plaisir, en ayant à l’esprit une liste interminable de choses à faire avant la fin de la journée ?

Comment font-ils alors ?

La créativité d'un parent fatigué dans la recherche d'une excuse peut être surprenante. Le numéro 1 incontesté est un téléviseur Et ce sont les parents habituellement limitant le temps de la télévision à la minute près, selon les recommandations des spécialistes, qui en temps de crise envoient l'enfant devant l'écran.

La autre issue de secours sont des avantages technologiques sous forme de tablettes et de smartphones. C'est un vrai trésor d'applications qui embrasse rapidement même les plus jeunes utilisateurs.

Une alternative aux écrans est d’organiser une rencontre avec d'autres enfants ou sortir de la maison le plus tôt possible.


Culpabiliser ou pas ?

Surtout, prenez une profonde respiration. Les enfants, en particulier ceux d'âge préscolaire, peuvent être très absorbants et intrusifs : le questionnement constant, le bruit et l'activité physique de l'enfant peuvent donner du tournis à tout adulte et le faire se sentir vieux et sans énergie. Il n’est pas étonnant que les parents en aient assez.

La clé du succès semble être un simple rationalisme humain et une approche sensée.

Il est important d'essayer d'expliquer à l'enfant que le parent peut aussi être malade, fatigué ou avoir mauvaise humeur. L'enfant connaît ces états de corps et d'esprit. Ne comptez pas sur une grande empathie de votre rejeton, surtout quand il n’a que 3 ou 4 ans. Cependant, il convient d'expliquer notre problème à l’enfant et de suggérer une solution différente. Vous pouvez proposer vos propres idées et scénarios qui conviendraient mieux à votre état d’esprit.

Vous pouvez également proposer un jeu dans lequel le parent joue le rôle de spectateur. Cela peut suffire à un enfant d'avoir juste la présence d’une maman ou d’un papa.

Conclusion

Les enfants n’ont pas besoin de passer 100% de leur temps avec ses parents ! Au contraire ! Une heure par jour pourra être suffisante, seulement les enfants attendent de nous à ce que nous soyons pleinement impliqués pendant ce temps là.

Partageons nos passions avec les enfants. En voyant les parents qui "aiment" ce qu'ils font, ils rechercheront leurs propres passions, leur vie sera plus remplie et plus satisfaisante.

Et surtout n'ayez pas honte, c'est le postulat le plus difficile sur la voie d'un meilleur bien-être. Il n'y a pas de parent qui n'ait jamais rêvé d'une paix sainte pour une fois !